3. Listvianka

3. Listvianka. C’est à 1h de bus de Irkoutsk. C’est là qu’est le lac Baïkal, l’objectif n°2 de ce voyage. L’objectif n°1 je ne m’en souviens plus depuis la cuite du Transsibérien. 16h. J’avais réservé, un peu au pif, un gite mignon dans les hauteurs. Je fais mon check-in puis je pars me balader, armé de mon appareil photo défectueux. La nuit tombe sur Listvianka, sans trop lui faire de mal. 21h. Je décide de rentrer. Quand on est seul on se fait vite chier alors on se couche tôt. Je suis dans ma chambre vétuste quand
j’entends une voiture entrer dans la cour. Des jeunes. Ils parlent fort. 2 meufs et 2 mecs. Il ont l’air bourrés complet. Putain fait chier, c’était si calme. Des bruits de pas et de bouteilles me proviennent de ma petite terrasse en bois. Oui ma piaule est au rdc. Merde, on dirait qu’ils s’y installent. J’hallucine. Ils vont boire leur putain de vodka frelatée toute la nuit sur mon perron ou quoi. Boum boum boum. Un des connards a
mis de la machina russe à fond dans sa bagnole pour bercer leur beuverie. Ils discutent, ou s’engueulent, on ne sait jamais avec les russes. En tous les cas c’est toujours trop fort en terme de volume les gars. C'est fou comme cette langue est compliquée, je me demande comment ils font pour se comprendre. Bon. Si je sors pour les dégager ils vont me casser la gueule c’est certain. Putain mais qu’est-ce qu’ils branlent ? A priori vu le nombre de litres d’alcool fort qu’il y a sur la table c’est pas juste une pause clope le délire. Ils cognent à ma porte et à mes fenêtres. Je suis repéré. Le gentil globe-
trotter pantouflard que je suis va se faire traquer toute la nuit. 21h30. Je fonce
sur Booking.com. Faut que je me casse d’ici. Il y a écrit bo-bo au marqueur indélébile sur ma tronche de franchouillard, je vais encore me faire dépouiller. Je booke rapido une chambre dans un hôtel apparemment classe, pas trop loin. Je fais mon sac. J’ouvre la porte. Ils me regardent. Ils attendent une réaction de ma part. Mon attitude va être décisive. J’aimerais bien attraper une de leur bouteille sur la table, les assommer, les insulter, les ligoter, appeler la police, qu’on me dise que c’était des grands criminels recherchés et devenir le héros du pays. Ouais, ça serait beaucoup mieux pour mon récit. Mais en fait non. Je leur souris. Simplement. Je suis calme. Ils n’ont pas l’air de comprendre. La blonde en face de moi me sourit a son tour. Vas-y bébé, fais moi risette si tu veux, moi je me barre. Je ferme la porte puis j’emprunte le chemin mal éclairé qui descend vers le centre du village. Putain, merde, ils me suivent. Il y en a un a vélo qui fait des cercles autour de moi et deux clébards qui m’escortent. Non mais c’est quoi ce délire. J’accélère le pas. Au bout d’1 km environ, ils font demi tour. J’ai de la chance que les russes préfèrent l’alcool aux hommes. J’arrive à l’autre hôtel. Safe. J’ai bien fait de laisser ces dégénérés à leur partie de picole. Je vais prendre une bonne
douche bien chaude et bien dormir. Le monsieur de l’accueil me tend la clef. Il me sourit : « Welcome sir - sorry - not hot water today - good night ». Listvianka. Je suis quand même mieux là qu’aux Baumettes.

1. Transsibérien
2. Irkutsk
3. Listvianka
4. Baïkal
5. Moscou